Limoges

Très chouette. Très bien accueilli par un couple de jeunes CouchSurfers. Belles églises et super bibliothèque.
Téléphone en réparation contactez moi par mail svp: bastien at rojanawisut.ch

Quatre semaines

Il fait beau et chaud. Je reste même sous la tente pour m’abriter du soleil.

Quatre semaines que j’ai quitté la maison. Plusieurs rencontres. Souvent, les mêmes questions: Aller où? Pourquoi? Combien de temps?

Espagne. Europe. Découvrir le Monde. Explorer des univers. Quelques années.

À force de bricoler des réponses chaque fois différentes mais jamais tout à fait fausses, je réalise qu’une seule de ces questions est importante, et sa réponse est bien trop simple: Pourquoi suis-je parti?

Parce que c’était la seule chose à faire.

Parce que quelque chose m’attend, ailleurs. Je ne sais pas ce que c’est. Je ne sais pas où c’est. Je ne sais pas combien de temps cela me prendra pour le trouver ni pour le rejoindre.
Mais je sais que c’est là, quelque part, loin de ce que je connais. Je sais que ça m’attend. Je sais que je le trouverai et que je le rejoindrai.

Et quand on sait ça, on sait également que la seule chose à faire dans l’immédiat, c’est partir.

Alors seulement quand j’aurai atteint le but de ce voyage je rentrerai.

Pour autant que « rentrer » aie encore un sens à ce moment là.

Il ne s’agit pas de chercher un sens à ma vie. Le sens, je le connais, c’est celui de mes intuitions.
Je ne fuis pas la société capitaliste métro-boulot-dodo. Je suis plutôt du genre à apprécier les routines, tant qu’elles sont harmonieuses. Une vie plus normale ne me dérangerait pas.
Je ne suis pas un accro des nouvelles expériences. Je ne fais pas ça pour vider ma bucket list ni pour m’enrichir de toutes les cultures du Monde.
Je ne cherche pas l’aventure. Je ne cherche pas mes limites.

Paradoxalement, je cherche la simplicité. Je suis peut-être juste quelqu’un qui essaie de se laisser vivre, et qui a beaucoup de chance avec la direction du vent.

Tu es plus belle que le ciel et la mer

Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir

Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises

II y a l’air il y a le vent
Les montagnes l’eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre

Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends

Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler

Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t’en

Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l’œil
Je prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t’aime

Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924

Aubusson capitale japonaise du jazz version Game of Thrones

Sous ce titre énigmatique se cache l’histoire d’une des meilleures soirée qui m’ait été donnée de vivre depuis que je suis parti.

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Faudrait qu'il arrête.

Arrivé à Aubusson vers 15h, je passe une heure à faire les courses dans l’immense magasin Carrefour à l’entrée de la ville. Découverte ensuite d’une cité médiévale vraiment charmante, spécialisée dans la tapisserie. En me promenant en ville, je me fais inviter à une table pour boire un thé en compagnie d’un couple et d’une de leur amie en visite. Le courant passe bien, je mentionne l’organisation d’un concert jazz dans un café du coin et des difficultés de participer à ce genre d’événement quand on doit planter la tente avant la tombée de la nuit. Et là, tellement cools, ils m’invitent à dormir bien au chaud chez eux le soir après le concert. Je suis donc allé passer une soirée formidable dans cet espace bar/scène associatif appelé « fabuleux destin » (coïncidence?) où l’ambiance est si détendue que je rencontre presque tout le staff du bar ainsi que deux étudiants en tapisserie, dont une japonaise de Kyoto! Occasion joyeuse de renouer avec mes quelques notions de japonais. Pour finir je rentre donc chez mes charmants hôtes qui sont sur le point de se lancer dans une session Game of Thrones sur écran géant.

On m’a dit « La Creuse a mauvaise réputation » et « Les Creusois ont tendance à être méfiant ».

Jamais rien entendu d’aussi faux.

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La Creuse est connue pour ça maçonnerie d'exception. Les maisons sont pour la plupart magnifiques ici.

Mamie et papy Crocq

Allez, je vous l’avoue et vous l’aurez peut-être lu entre les lignes: je me suis pas douché depuis dimanche. J’ai donc fait le tour du village de Crocq (prononcé « cro » et pas crock ») pour trouver où me doucher gratuitement, en passant par 1. Le château chambre d’hôtes 2. L’office du tourisme 3. L’épicerie. Pour finir c’est 4. La mamie cliente de l’épicerie qui m’invitera chez elle pour 1. Prendre une douche 2. Laver mes affaires 3. Discuter de sa vie avec son mari 4. Boire un sirop 5. M’offrir des oeufs de sa ferme et des tomates.

On me demande souvent: tu n’as pas peur d’être seul la nuit? La réponse est oui, j’ai toujours un peu peur. Peur qu’un propriétaire de champ vienne me dire de dégager au milieu de la nuit ou au petit matin avec son chien et son fusil. Pour le reste j’ai peur de rien.

Les gens perdus dans leur bêtise me font peur.
Les gens gentils font ma joie. 

35 degrés.

C’est la température que mon thermomètre a affiché cet après-midi. Le froid est loin derrière.
Le ciel est bleu.
Pic-nic sous une pluie de pétales de cerisiers japonais à midi.
La vendeuse de l’épicerie m’offre tous les fruits et légumes sur le point d’être pourris mais encore très bons.
Rencontre d’un agriculteur qui me raconte l’histoire passionante de cette région d’Auvergne.
Contacté une Couch Surfeuse sur Limoges pour dans 8 jours.
Écrit un script sur Excel qui calcule combien je dois marcher pour arriver à temps au Village des Pruniers et qui se met à jour en fonction de ma progression.

Une bien chouette journée

Aujourd’hui j’ai rencontré une fille très gentille qui m’a offert spontanément du chocolat et du pesto à l’ail des ours alors que je passais devant le palier de sa porte. On a discuté un peu, puis j’ai repris la route sous un temps radieux. D’ailleurs, depuis que j’ai quitté Clermont-Ferrand, le temps est magnifique et les températures hyper agréables. Je me suis même baigné à poil dans la rivière au milieu de l’après-midi (les joies de l’isolation!). Dans ces conditions, tout est plus simple, et bien que ce soir je campe pour la 3e nuit consécutive, l’envie de dormir dans un bon lit ou d’avoir un bon repas est totalement inexistante.
Un projet cogite dans ma tête depuis une semaine. J’espère le concrétiser dans les prochains jours et vous en dire plus dans un prochain message. En attendant, voici quelques photos d’aujourd’hui parce que vous avez l’air d’aimer ça:

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J'ai traversé de très belles forêts
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Longé une mignonne rivière (la Sioule)
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Je vous raconte pas la joie que j'ai eue en trouvant par pur hasard ce spot de camping sauvage incroyable en toute fin de journée.

Au revoir Clermont-Ferrand

Il est des choses qui ne se racontent pas, car leur souvenir et l’émotion qu’on  leur a associé s’effritent sous la frappe des mots. Mon séjour à Clermont-Ferrand en fait partie, et je le résumerai juste pour vous très simplement:
On a bien mangé, bien dormi, bien dansé. Mais surtout: bien rigolé.

Je suis tellement heureux ici. Et aujourd’hui je commence à pouvoir dire: ici c’est partout.

Plein d’amour à vous tous qui me lisez <3 La route reprend, direction Limoges. A bientôt pour de nouvelles aventures!

PS: J’ai maintenant un chargeur solaire et des chaussettes de compétition pour la nuit!

Jour 15: Grand froid mais grand beau

Hier soir j’ai décidé de tenter de camper avec une météo qui annonçait -3 degrés. J’ai eu froid mais c’est allé. J’ai enfilé tous les habits que j’avais et j’ai eu chaud en haut, mais je n’ai pas trouvé de solution pour les pieds (j’ai quand même mis mes gants aux pieds après les avoir enroulés dans ma veste!). En fait ça me gêne pas d’avoir froid, mais j’ai peur des séquelles. Je me demande à partir de quelle température on risque d’avoir de vrais problèmes?
Au réveil, mon sac de couchage était trempé à cause de la condensation (j’ai bloqué l’aération de la tente pour éviter les courants d’air froid) et ma tente était recouverte de givre ce qui m’a bien fait rire:

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Ma tente était recouverte de givre

Un voisin est venu me dire bonjour et m’a invité à prendre le petit déj chez lui pour me réchauffer un peu. Sa femme et lui étaient très gentils et intéressants, j’ai été ravi de commencer ainsi la journée.
Le beau temps est de retour, mais la chaleur manque toujours au rendez-vous. Tant pis, les paysages sont magnifiques et ça me rend très heureux. J’ai beaucoup de marge avant d’arriver au Puy-en-velay demain donc je marche vraiment tranquillement et je prends mon temps c’est agréable ce changement de rythme.
Je me réjouis beaucoup de visiter le Puy demain et ensuite d’aller à Clermont-Ferrand (j’utilise le covoiturage). J’ai déjà plus de 350 km dans les jambes et une vraie pause me fera le plus grand bien.

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