De retour sur la route de l’Espagne

Voilà. Deux semaines en dehors du temps s’achèvent. Parmi toutes les leçons que j’ai apprises pendant mon séjour, il y a celle qui m’a fait comprendre que stresser pour atteindre à temps ma prochaine étape mi-juillet serait une mauvaise chose. Ainsi je vous écris depuis Mont-de-Marsan après m’être téléporté en voiture sur 150km histoire de poser tranquillement les futurs pas qui m’attendent. Retour vers la solitude, dans la joie. J’aime être avec des gens et j’aime être seul. Je partagerai bientôt avec vous des fragments de ce que j’ai vécu pendant ces deux dernières semaines. Vous verrez que c’était vraiment très, très chouette.

Début de ma retraite au Village des Pruniers

Chers amis, Je suis arrivé au Village des Pruniers pour faire ma retraite spirituelle bouddhiste! L’ambiance est très détendue, on mange bien et le hall de méditation est très beau. Bien que l’utilisation des téléphones et d’internet soit autorisée, j’ai décidé de m’en passer afin de me consacrer pleinement à moi-même et d’éviter les distractions. Je vous retrouverai donc dans deux semaine pour vous raconter cette expérience. En attendant allez danser la polka ça vous fera du bien.

Chaque jour est une surprise

Bonjour à tous,

Je vous écris depuis Bergerac, une petite ville adorable avec un centre historique trop chouette. J’y passe 3 nuits au camping municipal (un petit coin de paradis). J’ai passé ma journée d’hier et surement tout l’après-midi d’aujourd’hui au cyber-café à m’occuper de mes sites internets, régler mes e-mails en attente, etc… Etrangement, ce moment de travail / administration m’apparaît comme des vacances après 10 jours de rando en pleine campagne. Cerise sur le cadeau, je suis allé voir le dernier Avengers au cinéma. Un bon gros film d’action avec des gens qui se tapent dessus dans tous les sens version hardcore, ça fait du bien aussi. Au camping j’ai rencontré le premier soir un couple de retraités avec qui j’ai passé la soirée à philosopher bien installé à l’abri de leur camping-car. J’ai également rencontré Chantal qui traverse la France à vélo.

Mais le plus incroyable qui me soit arrivé a eu lieu dimanche. Je traversais Pont St-Mamet qui se trouve sur la commune de Douville (carte) et j’ai découvert une grande fête en l’honneur de la commune. Il est midi, et je suis à peine arrivé sur place qu’une dame adorable m’invite à la rejoindre elle et ses amis à leur table pour le repas, m’offre le menu (une omelette à l’aillet, traditionnelle de la région en cette saison). Je fais donc également la connaissance de son compagnon. Elle était coiffeuse, lui entrepreneur. Retraités et amoureux. Ouverts, gentils et généreux. On me présente presque à tout le village. Ce jeune homme vient de Suisse, il va en Espagne par les chemins de St-Jacques de Compostelle!

Dites-moi jeune homme, j’ai une question. Je ne vous en demande pas les détails, mais est-ce que vous ressentez déjà que le chemin vous porte les fruits du but dans lequel vous le parcourez?

Difficile question. Sachant que je suis parti en quelque sortes avec le but de ne pas avoir de but. Je réponds oui. Oui, car chaque jour est une surprise. Chaque jour m’emmène précisément là où je suis attendu.

L’aventure ne s’arrête pas là. On m’emmène observer la collection de voitures anciennes avant qu’elles ne défilent. Accompagné de l’amoureux de la madame qui m’ a invitée, je clos le défilé en voiture électrique. Le speaker avec qui j’ai précédemment discuté m’annonce même au micro.

Je découvre les environs en voiture-jouet. Je discute avec un homme qui a plus de 70 ans et qui en paraît la cinquantaine. Un homme qui beaucoup vécu. Qui a beaucoup de joie. Qui prend plaisir à la partager.

Certainement à l’image de cette commune qui m’a réservé le plus formidable des accueils.

PS: Toujours pas récupéré mon téléphone. Demain je repars direction le Village des Pruniers via Monbazillac (oui, comme le vin). Je le récupèrerai donc très probablement le 22 mai à la fin de ma retraite.

Posted from Bergerac, Aquitaine, France.

Sur la route de Bergerac

Avant hier j’ai marché un peu avec un trader-banquier-mathématicien Londonien mais originaire de la région. Il m’a appris plein de trucs sur les arbres, la forêt et la production de bois.
Puis je suis arrivé à Périgueux où j’ai dormi dans un gîte pour pélerins de Compostelle. Sur place je rencontre 3 autres pélerins hollandais qui m’offrent le repas. Le lendemain je visite Périgueux sous la pluie. La vieille ville est très belle et très calme: nous sommes le 1er mai et tout est fermé. Je traîne un peu dans un petit café ouvert malgré tout et fait la connaissance de la serveuse qui a mon âge et un enfant de 5 ans. Je me sens très en décalage.
Finalement je reprends la route. Toujours sous la pluie. C’est embetant pour marcher la journée mais ça ne me gène pas pour camper. Bientôt Bergerac et mon Samsung Galaxy S5. Je me réjouis!

Brantôme fantôme, fourmi qui rit.

Vous l’aurez remarqué mais mon crap-phone de secours m’empêche d’écrire de longs messages. C’est frustrant, mais l’exercice rédactionnel est intéressant.

Aujourd’hui j’ai traversé un village zombie. Brantôme a certes de belles maisons et une Abbaye incroyable, le tourisme l’a envahi comme de la mauvaise herbe. Au point que les étrangers y tiennent eux-même leurs propres magasins de vêtements.

J’ai fui vers la campagne. Posé ma tente très tôt sous un temps très beau. Avec les fourmis et les araignées on discute de la forme des nuages.

Surprenamment, on est toujours d’accord.

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Un thé pour le Népal

Ce matin, une pensée m’accompagnait: si j’étais en Suisse,
qu’aurais-je fait pour mes amis Népalais? J’aurais pu organiser un
repas de soutien. Quelle mesure dois-je donner aujourd’hui à mon
implication dans cette cause?
Puis, une idée folle: servir du thé en faveur du Népal au prochain
village. Difficilement, je surmonte ma timidité pour réaliser ce
projet fou. Je récolte 20€ en 2h et fait la rencontre d’une formidable
famille qui m’invitera à manger chez eux.

Je suis amoureux.

Portrait d’un désespoir

59 ans. Deux tentatives de suicide et une fatigue milénaire qui se lit sur son visage rouge et boursouflé.

Ce soir il m’invite à sa table. M’offre un sirop, me laisse prendre une douche et planter la tente dans son jardin.

Boulanger puis maçon. Fils de paysan. Sans famille et seul depuis la mort de ses parents, il attend la retraite en survivant grâce au congé payé de sa caisse maladie.

Je suis bien accueilli. On regarde la télé ensemble et chantons quelques chansons grâce à une émission musicale. Rien d’autre n’a d’importance.

Il pleut mais ça va

Quitté Limoges depuis 3 jours déja. Le temps passe vite. J’ai rencontré un menuisier sympa qui trouvait cool que le bois qu’il utilise aura de nouveau atteint l’age adulte quand lui-meme atteindra la fin de sa carrière. Moi aussi je trouve ça cool.

Ce que je trouve moins cool c’est le tremblement de terre au Népal. J’ai des amis népalais qui ont perdu leur maison et leur bétail. Leur village est détruit. Faites quelque chose si ça vous touche. Moi j’ai sonné a toute les maisons pour trouver un ordinateur afin de pouvoir envoyer de l’argent a un ami qui organise des secours.

Limoges

Très chouette. Très bien accueilli par un couple de jeunes CouchSurfers. Belles églises et super bibliothèque.
Téléphone en réparation contactez moi par mail svp: bastien at rojanawisut.ch

Quatre semaines

Il fait beau et chaud. Je reste même sous la tente pour m’abriter du soleil.

Quatre semaines que j’ai quitté la maison. Plusieurs rencontres. Souvent, les mêmes questions: Aller où? Pourquoi? Combien de temps?

Espagne. Europe. Découvrir le Monde. Explorer des univers. Quelques années.

À force de bricoler des réponses chaque fois différentes mais jamais tout à fait fausses, je réalise qu’une seule de ces questions est importante, et sa réponse est bien trop simple: Pourquoi suis-je parti?

Parce que c’était la seule chose à faire.

Parce que quelque chose m’attend, ailleurs. Je ne sais pas ce que c’est. Je ne sais pas où c’est. Je ne sais pas combien de temps cela me prendra pour le trouver ni pour le rejoindre.
Mais je sais que c’est là, quelque part, loin de ce que je connais. Je sais que ça m’attend. Je sais que je le trouverai et que je le rejoindrai.

Et quand on sait ça, on sait également que la seule chose à faire dans l’immédiat, c’est partir.

Alors seulement quand j’aurai atteint le but de ce voyage je rentrerai.

Pour autant que « rentrer » aie encore un sens à ce moment là.

Il ne s’agit pas de chercher un sens à ma vie. Le sens, je le connais, c’est celui de mes intuitions.
Je ne fuis pas la société capitaliste métro-boulot-dodo. Je suis plutôt du genre à apprécier les routines, tant qu’elles sont harmonieuses. Une vie plus normale ne me dérangerait pas.
Je ne suis pas un accro des nouvelles expériences. Je ne fais pas ça pour vider ma bucket list ni pour m’enrichir de toutes les cultures du Monde.
Je ne cherche pas l’aventure. Je ne cherche pas mes limites.

Paradoxalement, je cherche la simplicité. Je suis peut-être juste quelqu’un qui essaie de se laisser vivre, et qui a beaucoup de chance avec la direction du vent.

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